France 3 : le débat télévisé du 5 mars


Alima Boumediene-Thiéry débattait hier soir sur France 3 avec Georges Mothron, Dalila Kaabeche et Omar Slaouti (Olivia Fillette et Philippe Doucet ayant refusé de participer). À regarder en replay :

Quelques extraits sur le site de France 3, un peu plus ici.

Pour Georges Mothron, "maire sortant LR soutenu par l'UDI", le premier à répondre, "depuis 1995, il y a à chaque fois un changement de majorité. Si on veut continuer d'évoluer, il faut qu'on continue sur la même marque sur les 6 ans qui viennent".

France 3 indique que Philippe Doucet, ancien maire (PS), n'a pas souhaité participer au débat.

Omar Slaouti, soutenu par le PCF, FI, Génération.s, se réclame "d'une véritable gauche qui n'a pas trahi, qui se retrouve dans la rue contre le 49.3, seule opposition conséquente au libéralisme incarné par M. Mothron ou M. Doucet, pour développer un maximum de services publics, pour redistribuer les richesses à l'échelle d'Argenteuil."

La journaliste demande à Alima Boumediene-Thiéry, "ancienne sénatrice écologiste : votre liste est issue d'un collectif citoyen, plutôt à gauche on va dire ; pourquoi ne pas avoir fait front commun avec Omar Slaouti ?"

__Alima : "nous avons décidé d'avoir une liste 100% citoyenne, alternative aux partis politiques. Nous sommes une liste solidaire, pour une alternative sociale et écologiste, inscrite dans la Pacte pour la Transition écologique." __ Enfin, "Dalila Kaabeche, candidate de la République en marche : écarté des investitures, partie en dissidente, vous avez finalement été désignée début février alors que votre rivale Olivia Fillette était désinvestie : ça a été compliqué pour le parti présidentiel !"

Dalila Kaabeche répond : "j'en sors grandie, on reconnaît le travail ! Nous avons contribué à toutes les élections que nous avons remportées localement, des présidentielles aux européennes. Je rassemble, je me pose comme une candidate du rassemblement !"

Olivia Fillette, précise la journaliste, n'a pas souhaité participer au débat[1]. Qui commence !

France 3 a interviewé quelques habitants sur la situation de la ville : impôts locaux, tarifs, animation, stades…

Alima déplore qu'il "y ait de moins en moins de services publics : les bureaux de poste ont fermé sans aucune résistance, sans mobilisation… La taxe foncière est très élevée, elle a malheureusement très peu baissé, la population est sous le seuil de pauvreté" (26% des Argenteuillais) "donc les recettes sont faibles : on a besoin de regagner une marge de manoeuvre pour offrir des services publics."

Omar Slaouti trouve le résultat du mandat "catastrophique : plus de 1000 personnes demandent une place en crèche ; les écoles Langevin, Rousseau, Prévert, sont dans un état de vétusté avancé. Des dortoirs manquent en crèches. On a une casse du service public avec une augmentation des tarifs de la cantine : 5€, c'est quasiment prohibitif !"

Georges Mothron : "si j'écoute certains, j'ai l'impression de revivre Zola à Argenteuil ! Le maximum du tarif de cantine, c'est 4,20 € ; le minimum c'est 1,20€, alors que le repas revient à 10 €. La part (payée par) la ville est importante, il n'est pas anormal que ceux qui ont de hauts revenus payent 4€ !

Dans les crèches, on a ajouté 400 berceaux pendant ce mandat. On vise 400 de plus dans le mandat suivant."

Dalila Kaabeche : "Je trouve qu'on n'a pas anticipé en amont la démographie à Argenteuil. Nous avons 40% de jeunes, et des naissances chaque année… Les familles qu'on a reçues par le fait d'avoir construit à tout va… Il faut offrir ce service de la petite enfance à tous les habitants, en ouvrant 500 places. La fiscalité locale doit être maintenue, elle est déjà une charge très importante. On va créer l'équilibre des dettes et des dépenses, on est en discussion avec mon équipe, on va s'entourer d'experts, c'est la base d'un projet sérieux pour la ville."

Georges Mothron : "L'État bloque nos dépenses de fonctionnement depuis le nouveau président de la République. Je veux bien qu'on ajoute un tas de services, mais lesquels on supprime ?"

Journaliste : "Alima Boumediene-Thiéry, vous demandez la gratuité des transports dans la ville, est-ce que vous avez une idée du coût ?"

Pour Alima, elle permettrait des économies sur les coûts de commercialisation et de contrôle.[2] Pour Omar Slaouti, la baisse de la "dotation globale de fonctionnement" donnée par l'État, a été "votée par Philippe Doucet quand il était député. Il y a des choix politiques en amont et en aval !". Pour Georges Mothron et Dalila Kaabeche, la gratuité est "irréaliste".

"Faut-il faire disparaître la route (RD311) pour retrouver les berges ? cela divise les habitants", selon France3 qui a interviewé 3 Argenteuillais·es.

"Il faut absolument qu'on retrouve des cheminements piéton, vélo, le long de la Seine : des pontons sur la Seine", dit Georges Mothron. Pour Alima, "on doit réintégrer dans le plan de circulation, celle de l'autoroute, pour dégager le centre ville. L'écologie, l'environnement, on ne peut pas passer à côté !" Dalila Kaabeche propose d'ouvrir la route aux piétons "un dimanche par mois".

"Remplacer la salle des fêtes (Jean Vilar) par un vaste complexe de loisirs, de cinéma… quel avenir pour ce projet ?"

Georges Mothron veut une salle de spectacles de 3000 places (… son projet ne proposait que 1400 places assises). Dalila Kaabeche estime que ce projet serait "défigurer la ville".

Alima : "Nous, on dit STOP au bétonnage ! On veut un espace de loisirs à l'image du parc de la Villette. Pas un 2ème centre commercial à 400 m de l'actuel ! On a besoin de verdure, d'un espace agréable à vivre" !"

Enfin, une question sur la "tertiarisation".

Omar Slaouti déplore le départ de Dassault. Georges Mothron répond que Dassault reste, même si l'usine d'aviation part.

Alima Boumediene refuse d'opposer industrie, tertiaire et agriculture : nous devons investir dans la R&D, les emplois verts…

En conclusion, chaque candidat·e présente une de ses priorités.

Dalila Kaabeche veut promouvoir l'intergénérationnalité. Georges Mothron veut remembrer les friches agricoles pour le maraîchage.

Alima Boumediene insiste sur "trois points : la démocratie participative, … que les citoyens reprennent la ville en main ! Combattre le chômage, développer les emplois verts. Permettre aux jeunes et moins jeunes de recréer du lien social."

Omar Slaouti veut "décréter l'état d'urgence de réussite scolaire et d'urgence écologique", et critique Philippe Doucet pour son soutien à Manuel Valls et Emmanuel Macron.

"Merci de nous avoir suivis, très bonne soirée !" :-)

Notes

[1] Mais France 3 avait refusé d'inviter les représentants des trois autres listes.

[2] Par ailleurs, le coût net serait inférieur à 2 M€ et très vraisemblablement à 1 M€, soit 0,5% du budget municipal.